Tournus - Abbatiale Saint Philibert (71)

(cliquer sur une image pour revenir en haut de la page)
























Compte tenu de la complexité de l’édifice et du peu d’archives relatives à sa construction, les reconstitutions des évènements marquants par les historiens proposent beaucoup d'hypothèses parfois divergentes. L’historique très résumé qui suit est extrait des études réalisées par Jacques Henriet, publiées dans le Supplément n° 2 du Bulletin Monumental en 2008. 


L’abbaye Saint Philibert de Tournus a une longue histoire. Plusieurs sanctuaires se sont succédés depuis la période gallo-romaine . Les moines de l’abbaye Saint Philibert de Noirmoutier, chassés par les invasions normandes, avaient fui leur abbaye en 836 pour s’installer à Saint Philibert de Grand-Lieu (dont vous trouverez la description dans ce site). Toujours sous la pression des invasions normandes, après plusieurs exils successifs les moines vinrent finalement s’établir à Tournus en 875. L’abbaye fut l’objet de construction et reconstructions successives jusqu’en 1007 les bâtiments conventuels et l’église furent entièrement ravagés par les flammes.


L’histoire de l’édifice que nous voyons aujourd’hui commence en 1008 aussitôt après l’incendie de 1007.

Première campagne : la crypte et le chevet de l’église furent reconstruits en adoptant un même plan avec déambulatoire et trois chapelles rayonnantes rectangulaires, ainsi que le transept avec une chapelle orientée dans chaque bras et un carré vraisemblablement surmonté d’une tour lanterne. L’ensemble fut consacré en 1019. Nous ignorons si la nef avait été reconstruite ou restaurée dans le cadre de ce chantier.


Deuxième campagne : après une interruption d’une dizaine d'années fut entrepris, entre 1028 et 1056, la construction d’un narthex massif (appelé aussi avant-nef ou galilée) de type carolingien surmonté d’un étage qui abrite la chapelle Saint Michel.

La chapelle est constituée d’une nef de trois travées couverte en berceau flanquée de deux bas-côtés couverts en demi-berceau. Le gros-œuvre de la nef était achevé mais avec une  couverture provisoire. La façade occidentale et les deux tours étaient achevées, la tour nord étant alors identique à celle du sud actuelle. En haut de chaque tour se trouvait une salle haute éclairée par dix baies (trois sur chaque grand côté et deux sur chaque autre). Le toit en bâtière de la salle de la tour sud, dont le sol et les voûtes ont été démolis lors des guerres de religion, fut restitué lors des restaurations du XIXème siècle.


Entre 1066 et 1108 la nef fut achevée avec ce voutement original en berceaux transversaux qu’on ne retrouve que dans un autre édifice distant de 40 kms, à Mont Saint Vincent. L’abbatiale, maintenant terminée, fut consacrée une deuxième fois en 1120.


Au XIIème siècle la tour nord est surélevée par la construction du clocher rose, ainsi dénommé à cause de la couleur de la pierre qui a été utilisée.

Vers la fin du XIIème siècle, la tour lanterne à la croisée du transept fut remplacée par le clocher actuel.

Aux XIV et XVème siècle trois chapelles gothiques qui ouvrent sur le collatéral nord ont été ajoutés à l’édifice, une en 1339 et les deux autres en 1425.


Comme tous les établissements monastiques à la Révolution, l’abbatiale de Tournus devint bâtiment communal sans subir trop de dégradations. Elle fut restituée au culte en 1802. Des bâtiments conventuels ne subsistent que la galerie nord du cloître, la salle capitulaire et le réfectoire.

Classés Monument Historique en 1840 l’église et le reste de l’abbaye furent l’objet d’importantes restaurations de 1841 à 1851 sous la direction de l’architecte Charles Auguste Questel.

Au XXème siècle, peu avant la première guerre mondiale entre 1908 et 1914 des restaurations complémentaires furent dirigées par l’architecte André Ventre.


La structure de l’abbatiale est complexe. Le plan et la coupe longitudinale ci-dessous vous aideront pour fixer les repères temporels et situer les prises de vues présentées dans le reportage photographique.


Je vous suggère de visiter Le Site sur l’Art Roman en Bourgogne (www.bourgogneromane.com) qui est une véritable encyclopédie, un centre documentaire exhaustif proposant une incroyable richesse d’informations sur l’art roman en général et plus particulièrement sur son développement en Bourgogne.

Dans la page consacrée à l'église de Tournus vous  trouverez le contexte historique et culturel ainsi que la description détaillée de l’architecture et de la sculpture.


 




Vue générale (source www.geneanet.org)

                    
    











































                         
         
















           









Ancienne soufflerie manuelle de l’orgue



















Intérieur de la salle haute de la tour nord


Intérieur de la salle haute de la tour sud







Jonction entre la chapelle et la nef
   
    

                       


















    




 

                   










                         
























                       

Sculptures de la chapelle Saint Michel

    



    

    







    

    



    






Chapiteaux (nef et chœur)
























Mosaïques du XIIème siècle dans le déambulatoire








Chapiteaux de la crypte







                       



























Dimensions extérieures

Longueur totale : 78 m.

Largeur de la façade : 16,60 m.

Longueur du transept : 29 m.


Dimensions intérieures

Longueur : 76,80 m.

Longueur narthex : 13,80 m.

Largeur narthex : 19m.

Largeur nef et bas côtés : 18,75 m.

Hauteur sous voûte de la nef : 18 m.

Hauteur sous voûte de la coupole : 20 m.


Hauteur sous voûte de la chapelle St Michel : 12,50 m.


Hauteur sous voûte de la crypte : 3,65 m.


Hauteur du clocher du transept : 57 m.

Hauteur de la tour nord de façade : 50 m.